Dans le cadre idyllique de la Magnifique Society, festival tout beau, tout neuf que l’on a adoré au printemps dernier, on a pu rencontrer Louie (clavier) et Anatole ou Toto (batterie) des adorables Parcels. Modestement et toujours avec le sourire, les deux membres du groupes le plus sucré de 2017 nous ont livré secrets et états d’âmes sur leur quotidien passé loin de leur Australie natale.

Vous êtes l’un des groupes les plus en vogue cette année : comment réagissez-vous à un tel enthousiasme ? Ce succès a-t-il un impact sur votre dynamique créative ?

C’est vrai que l’on est de plus en plus écouté, on ne s’y attendait pas et c’est super gratifiant ! Plutôt que de nous conforter, cela nous pousse à créer quelque chose d’encore plus différent, plus novateur. Nous ne voulons surtout pas être catégorisés comme les australiens qui jouent de la musique funky, nous voulons surprendre les auditeurs et on travaille tous les jours pour ça. Donc si cette notoriété a un impact créatif sur nous, il est probablement positif. En tout cas on l’espère 🙂

Votre musique est rafraîchissante, estivale. Est-ce dû à une sorte de mode de vie australien, à une sorte de tranquillité naturelle ?

Pas vraiment. Je pense que le désir d’être en Europe a eu encore plus d’influence sur notre musique, nous ne jouons pas seulement des airs détendus, nous avons fait le choix de partir à l’autre bout du monde pour la musique. Donc nous travaillons ardemment et donnons de notre personne afin d’obtenir le meilleur set live et mettre toute notre énergie, toute notre passion dans l’écriture et la production. 

Vous avez quitté Byron Bay, un paradis pour surfeurs, pour Berlin, une des grandes villes de la musique électronique moderne. Quels événements ou motivations vous ont convaincus de vous installer dans la capitale allemande ?

Nous sommes partis sur un gros coup de tête. Le désir de quitter notre petite ville après les études, nous a entraîné vers l’Europe et une vie à Berlin qui semblait accessible financièrement, fun, musicalement intéressante et bien située ! Ce choix a définitivement influencé notre manière de composer notre premier EP « Hideout », qui a été guidé par une influence électronique. Mais nous sommes constamment influencés par tout, nous sommes admirateurs de tant d’artistes !

Vous vivez à Berlin mais vous êtes signés sur le label Kitsuné, vous avez collaboré avec Daft Punk sur « Overnight » et vous tournez cet automne avec Phoenix. Peut-on dire que vous avez eu un « coup de foudre » avec la French Touch ?

Les artistes français ont définitivement une belle oreille et approche de la musique. Nous sommes inspirés par la manière dont ces artistes élaborent leurs structures d’accords, et la douceur des enregistrements. Il y a souvent un romantisme et une émotion qui se dégage de cette musique, que les artistes français semblent parvenir à retranscrire admirablement. Il faut aussi dire que notre label, Kitsuné, est un label français, et fait un super travail.

Quels sont les artistes français que vous adorez ?

On adore depuis toujours Sébastien Tellier, ce mec est formidable.

En ce moment dans le minibus on écoute en boucle des gars comme Bon Voyage Organisation, L’impératrice, Papooz… On a fait quelques concerts avec eux, ce sont des mecs super sympas. En ce moment, il y a beaucoup de super musiques pop qui sortent en France. C’est bizarre parce qu’à Berlin, il y a aussi pas mal de bonne musique, mais pas énormément de pop alternative. C’est plutôt une énorme scène électro.

Les groupes qui assurent nos premières parties, Hush Moss, The Lovely Days et Garçon de Plage, sont également formidables, vous devriez y jeter un coup d’oeil !

Vous êtes en ce moment en tournée autour de l’Europe et bientôt du monde. Auriez-vous un jour pu imaginer voyager autant autour du monde grâce à votre musique ?

C’est vraiment une chance incroyable de pouvoir voyager avec la musique. Nous nous sommes rendus dans des lieux étranges et magnifiques que nous n’aurions jamais pu visiter autrement. Toutefois, partir en tournée ne revient pas à voyager comme un touriste, tu es limité dans tes expériences sur place, car tu es dépendant du lieu où se déroule ton concert. Mais nous en avons un aperçu, et cela nous pousse à y revenir. Ce qui nous motive aussi sur la route, c’est de voir le plus possible de shows et d’artistes inspirants, en réalisant que nous pouvons faire encore mieux, en observant comment les leurs se déroulent. On adore se balader dans les festivals !

Est-ce que vous ressentez des différences entre le public français et australien ?

Oui ! En Australie, le public est plutôt vif et intense. Ils crient, les gens ne savent pas vraiment comment se comporter… 🙂

Alors que lorqu’on joue à Paris, c’est plutôt un challenge de faire danser les Parisiens. Vous êtes si froids… En Australie, tout le monde se dit : « Je fais ce que je veux« . Pas à Paris… Alors quand tu arrives à faire danser les Parisiens, c’est vraiment gratifiant !

Ici, les Australiens ont une image de gens super « cool », qu’en pensez-vous ?

Les Australiens ont sûrement un truc, une sorte de positivité, d’énergie… Et c’est un très beau pays, toutes les grandes villes sont près de l’océan, tout le monde adore les barbecues, c’est cliché mais pourtant c’est véridique ! Il y a une sorte d’insouciance chez les Australiens. Je pense que c’est aussi lié au fait que nous n’ayons pas une longue histoire culturelle. On est là que depuis quelques centaines d’années. Donc j’ai l’impression… qu’on ne sait pas vraiment comment se comporter ! Ce n’est pas comme si on pouvait regarder nos ancêtres et prendre exemple. Il n’y a pas une « bonne » façon de faire les choses, donc on fait comme on le sent !

Vous rentrez tout juste d’une tournée en Australie et on a pu voir que les concerts étaient tous sold-out ?

Oui c’était super parce que, quand on a quitté l’Australie, personne ne nous connaissait. Là, on est rentré et les gens nous regardaient d’une façon différente. C’était cool de se lever le matin et d’entendre les potes et les parents nous dirent : « Vous avez réussi !« . En fait, ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé mais c’est juste la façon dont ta famille te voit.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez la curieuse manie de rassembler plusieurs mots ensemble pour n’en faire qu’un seul dans le titre de vos morceaux (Gamesofluck, Herefore, Myenemy, etc.) ?

Nous pourrions arguer que c’est pour symboliser l’unité et le plaisir d’être ensemble, et que nos titres sont des métaphores de qui nous sommes, mais ce serait vous dire des conneries 🙂

Voici plutôt la véritable histoire… Quand nous avons exporté notre première piste .wav, la barre d’espace de l’ordinateur de Pat était cassée. Nous avons aimé cette esthétique et décidé de la conserver par la suite.

Lors d’une soirée un petit peu trop arrosée, lequel tombe le premier ? 🙂

Patrick for sure !

Et lequel rentre le premier accompagné ? 🙂

Jules (chanteur) ! Avec son style, c’est celui qui a carrément le plus de succès de la bande !

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